Mesurer la qualité de l'air intérieur en ERP : le guide du CO2 et des polluants
On n’améliore que ce que l’on mesure. Avant d’agir sur la qualité de l’air d’un établissement, il faut savoir où l’on en est. C’est tout l’objet de la mesure : objectiver une situation, repérer les moments critiques, et vérifier que les actions portent leurs fruits. Ce guide fait le point sur ce qu’il faut mesurer, avec quels seuils, et sur la place de la mesure dans la surveillance obligatoire.
La mesure du CO2 n'est pas une option : elle fait partie de l'évaluation annuelle des moyens d'aération, l'un des volets de la surveillance obligatoire de la qualité de l'air en ERP. La loi n'impose pas un modèle d'appareil, mais elle attend une mesure du CO2.
Le CO2, indicateur numéro un
Nous expirons du CO2 en permanence. Dans un local occupé et mal aéré, sa concentration grimpe : c’est donc un excellent traceur du renouvellement d’air. Il ne s’agit pas d’un polluant toxique à ces niveaux, mais d’un signal : un CO2 élevé annonce un air confiné, propice à l’accumulation des autres polluants et à la baisse de vigilance.
Au-delà du CO2 : particules et COV
Le CO2 dit beaucoup, mais pas tout. Il ne renseigne pas sur les particules fines (issues de la combustion, du trafic, de la cuisine) ni sur les composés organiques volatils (COV) émis par les peintures, le mobilier ou les produits d’entretien. Pour un diagnostic complet, un mesureur multi-polluants ajoute ces familles à la mesure du CO2, souvent avec un indice global de qualité d’air.
Un capteur de CO2 répond à la question « faut-il aérer ? ». Un mesureur multi-polluants dresse un tableau complet (CO2, particules, COV) pour un audit ou des environnements sensibles.
Comment mesurer, concrètement
La fiabilité de la mesure dépend d’abord de la technologie. Pour le CO2, le capteur NDIR est la référence : une mesure physique, stable dans le temps, sans consommable. On privilégie un suivi en continu plutôt qu’un relevé ponctuel, pour capter les pics de la journée (fin de matinée, retour de pause) et vérifier l’effet des actions.
Le placement compte aussi : à hauteur de respiration, loin d’une fenêtre ou d’une bouche d’aération qui fausserait la lecture, et dans les pièces les plus occupées.
Que faire des résultats
1. Mesurer pour objectiver la situation.
2. Aérer et ventiler quand le CO2 monte.
3. Vérifier, mesure à l'appui, que cela suffit.
4. Si l'aération atteint ses limites, envisager une solution de traitement de l'air.
Un point important : un mesureur n’améliore pas l’air, il l’observe. C’est un outil de pilotage. L’amélioration passe par l’aération, et si elle ne suffit pas, par la purification de l’air. Pour le cadre réglementaire complet (échéances, établissements concernés, sanctions), voir notre guide de la mise en conformité QAI. Et pour choisir un appareil, notre page capteurs et mesureurs CO2.
Questions fréquentes
La mesure du CO2 est-elle obligatoire ?
Oui, elle fait partie de l'évaluation annuelle des moyens d'aération prévue par le dispositif de surveillance de la qualité de l'air intérieur. La loi n'impose pas un modèle d'appareil précis.
Un capteur de CO2 suffit-il ?
Pour suivre le renouvellement d'air, oui. Pour un diagnostic complet incluant particules fines et COV, il faut un mesureur multi-polluants.
Quel taux de CO2 viser ?
Idéalement moins de 800 ppm. Au-delà de 1 500 ppm, le renouvellement d'air est insuffisant et une action est nécessaire.